Retrouver un toit… et son pouvoir d’agir
Cet article du cahier philanthropique du Devoir met en lumière le rôle essentiel du logement dans le parcours des personnes à risque ou en situation d’itinérance, en s’appuyant notamment sur l’approche que nous préconisons à l’Accueil Bonneau : le Logement d’abord. Plus qu’un simple toit, le logement devient un point de départ pour se reconstruire et reprendre du pouvoir sur sa vie.
Avec la Maison Claire-Ménard, avoir accès à un logement permet de retrouver son pouvoir d’agir et de sortir du mode survie. Cette stabilité offre un espace pour se reposer, réfléchir et entreprendre des démarches personnelles souvent impossibles dans la rue. « On les aide à retourner sur le marché du travail, mais surtout, vers un logement permanent », explique Béatrice Rock, gestionnaire clinique aux services d’hébergement.
La Maison Claire-Ménard offre 31 studios à des personnes de 18 ans et plus en situation d’itinérance chronique ou épisodique qui souhaitent se réaffilier à la société. Même si elles sont plus autonomes, ces personnes restent vulnérables, notamment en raison d’enjeux de santé mentale liés à leur cheminement de vie à la rue.
L’article insiste aussi sur l’importance d’un accompagnement humain et adapté. Le logement seul ne suffit pas : il doit s’inscrire dans un continuum de services qui soutiennent les personnes dans leur cheminement. C’est cette combinaison qui permet de « reprendre sa place dans la société » et de recréer des liens : l’accès à des repas sains, des douches, des ordinateurs ou des soins de santé, à une aide juridique ou à la gestion financière, et bien plus. « Les chemins qui ont poussé des gens dans la rue seront aussi variés que ceux qui leur permettront d’en sortir », rappelle Alexandre Maillé-Beaulieu, agent d’intervention.
On comprend que les trajectoires sont progressives. Sortir de la rue demande du temps, de la confiance et un encadrement respectueux du rythme de chacun. Les résidents de la Maison Claire-Ménard sont accompagnés pour développer leur autonomie, leur pouvoir d’agir et leur capacité à reprendre le contrôle de leur vie afin d’éviter un retour à l’itinérance.
Cet accompagnement passe par des apprentissages concrets comme la cuisine, la gestion d’un budget et la connaissance des droits des locataires, créant ainsi un filet de sécurité pour la transition vers un logement autonome. Des activités favorisant l’estime de soi, comme la musique ou l’art, permettent aussi de reconstruire la confiance et de travailler sur la valeur personnelle.
Pour plusieurs, ce cheminement est essentiel, car comme le rappelle Daniel, résident : « Quand on tombe dans l’itinérance, ce n’est pas seulement un toit qu’on perd. C’est aussi ses repères, sa confiance, son sentiment d’exister ». La Maison Claire-Ménard permet de se reconstruire progressivement et de retrouver le contrôle sur sa vie.
Source : Sortir durablement des gens de la rue : la Maison Claire-Ménard de l’Accueil Bonneau | Le Devoir