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Person sleeping on a concrete bench under a bridge, covered with a red blanket and a backpack nearby (street scene)

Métro et itinérance : entre sécurité, refuge et angles morts

La Société de transport de Montréal (STM) a décidé de prolonger jusqu’en 2027 l’interdiction de flâner dans le métro, une mesure mise en place en 2025 pour améliorer la sécurité et le sentiment de sécurité des usagers du réseau. Selon l’organisation, cette règle aurait contribué à réduire certains incidents et perturbations de service.  

Mais derrière ces chiffres se cache une réalité plus complexe : celle des personnes en situation d’itinérance qui trouvent dans le métro bien plus qu’un simple lieu de passage. 

Un espace perçu comme sécuritaire, sécurisant et nécessaire 

Contrairement à certaines perceptions, le métro demeure, dans les faits, un espace relativement sécuritaire. Les mesures mises en place visent d’ailleurs explicitement à maintenir cet équilibre entre sécurité réelle et sentiment de sécurité pour les usagers.  

Pour plusieurs personnes en situation d’itinérance, il s’agit aussi d’un des rares lieux accessibles, chauffés, éclairés et surveillés, donc, paradoxalement, d’un espace sécurisant. 

« On les tasse, mais où peuvent-ils aller? » 

C’est là que le bât blesse. Comme le soulignent plusieurs acteurs communautaires, dont Annie Savage du RAPSIM, ces mesures déplacent le problème sans le résoudre. Depuis le début, l’interdiction de flâner est critiquée pour son caractère répressif et pour ses effets sur les personnes les plus vulnérables.  

La question centrale demeure entière : si on les expulse du métro, où peuvent-elles aller? 

Les ressources sont déjà saturées. Les haltes-chaleur débordent. Les refuges refusent du monde. Dans ce contexte, le métro devient souvent un refuge de dernier recours, pas un choix. 

Déconstruire les perceptions 

Dans le débat public, les personnes en situation d’itinérance sont encore trop souvent associées à des comportements violents ou perturbateurs. Or, cette vision ne reflète pas la réalité de la majorité. 

Oui, certaines situations sont difficiles. Mais la grande majorité des personnes ne cherchent qu’un endroit pour se reposer, se réchauffer et être en sécurité. Elles dérangent parfois parce qu’elles rendent visible une détresse qu’on préfère ne pas voir. 

Sortir de la logique de gestion à court terme 

Les mesures comme l’interdiction de flâner répondent à des enjeux immédiats, mais elles ne s’attaquent pas aux causes profondes : manque de logements, de ressources adaptées, de services en santé mentale et en dépendance. 

Même la STM reconnaît indirectement cet enjeu en appelant à davantage de ressources à proximité des stations névralgiques.  

La solution ne peut pas reposer uniquement sur le déplacement des personnes d’un lieu à un autre. 

Miser sur des solutions durables 

Ce que ces reportages mettent en lumière, c’est l’urgence de sortir d’une approche de gestion de crise pour aller vers des solutions durables : plus de places en hébergement, des ressources ouvertes 24/7, du logement social et abordable, un accompagnement adapté aux réalités de chacun.e.  

Parce qu’au fond, le métro n’est pas le problème. C’est le symptôme. 

 Crédit photo : Valérian Mazataud, Le Devoir

Sources : 

https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/2249751/stm-interdiction-flanage-metro-reconduction 

https://www.lapresse.ca/actualites/grand-montreal/2026-04-28/itinerance-dans-le-metro/le-flanage-restera-interdit-les-ressources-disent-ecoper.php 

https://www.ledevoir.com/actualites/transports-urbanisme/975620/interdiction-flaner-metro-renouvelee-an 

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