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Itinérance : un chantier encore immense

Dans une récente lettre d’opinion publiée dans Le Devoir, James Hugues, président et chef de la direction de la Mission Old Brewery, rappelle une réalité importante : malgré certaines mesures mises en place pour répondre à l’urgence en itinérance, le travail à accomplir demeure considérable. Les actions récentes ont permis de « colmater des brèches », notamment en renforçant certains services d’aide et en déployant des réponses temporaires à la pression croissante sur le terrain. Toutefois, elles ne suffisent pas à répondre à l’ampleur ni à la complexité du phénomène.  

Hugues insiste sur la nécessité de dépasser les réponses ponctuelles pour s’attaquer aux causes structurelles de l’itinérance : la crise du logement, la pauvreté persistante, les enjeux de santé mentale et de dépendances, ainsi que le manque de ressources adaptées et accessibles. Sans interventions durables sur ces déterminants, les solutions resteront fragiles et insuffisantes.  

À l’Accueil Bonneau, nous partageons pleinement cette analyse. L’itinérance ne peut pas être résolue uniquement par des mesures d’urgence : elle doit être abordée à la source. Cela passe notamment par des solutions structurantes en matière de logement et d’accompagnement. 

C’est pourquoi nous préconisons l’approche Logement d’abord, qui permet d’offrir un logement stable comme point de départ vers la reprise du pouvoir d’agir. En donnant accès rapidement à un toit, puis en accompagnant la personne selon ses besoins, cette approche favorise des trajectoires de sortie de la rue durables et respectueux du rythme de chacun∙e. 

Les réponses d’urgence demeurent essentielles pour protéger la sécurité des personnes. Mais pour transformer réellement les trajectoires de vie, il faut investir dans des solutions à long terme. Oui, certaines brèches ont été colmatées ; maintenant, il faut poursuivre le chantier, collectivement, pour s’attaquer aux causes profondes de l’itinérance. 

Idées | Des brèches colmatées en itinérance, mais un chantier qui reste entier | Le Devoir

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