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L’itinérance atteint un nouveau sommet au Québec : un signal d’alarme pour agir durablement

L’itinérance au Québec a atteint un nouveau sommet, confirmant ce que nous observons depuis plusieurs années sur le terrain. La situation se détériore rapidement et les besoins se font de plus en plus urgents partout dans la province, et particulièrement à Montréal avec 230 personnes en situation d’itinérance sur 100 000 habitants, une hausse de 7 % par rapport au dénombrement de l’itinérance en 2022. 

En effet, le dernier dénombrement effectué par le gouvernement qui a eu lieu en avril 2025, et dévoilé cette semaine, montre une hausse d’environ 20 % à l’échelle de la province par rapport à 2022. Dans le milieu, on s’étonne peu de ce constat. 

La détresse vécue par les personnes à risque ou en situation d’itinérance et le manque de ressources disponibles reflètent une réalité quotidienne pour nos intervenants. À l’Accueil Bonneau, nous constatons nous aussi que les parcours sont de plus en plus complexes et que les demandes d’aide augmentent. 

C’est pourquoi nous mettons en œuvre un continuum de services complet, allant des repas et des vêtements à l’accompagnement psychosocial, en passant par le logement et la fiducie volontaire. Mais accompagner une personne, ce n’est pas seulement répondre à ses besoins immédiats : c’est aussi travailler sur l’estime de soi, la confiance en soi et cette étincelle intérieure qui permet de se projeter à nouveau dans l’avenir. Cette dimension humaine est essentielle au processus de réaffiliation sociale pour les personnes que nous accompagnons. 

Soulignons également le rôle déterminant du coût des logements dans la hausse de l’itinérance. La crise du logement est aujourd’hui au cœur du problème, à Montréal comme ailleurs au Québec. Sans accès à un logement abordable et stable, il devient extrêmement difficile de sortir durablement de la rue. 

À l’Accueil Bonneau, notre approche Logement d’abord permet justement d’offrir des logements stables, à moyen ou long terme, accompagnés d’un soutien adapté dans différentes sphères de la vie. Avec 246 unités de logement, nous pouvons soutenir plusieurs personnes dans leur trajectoire vers la stabilité résidentielle. Mais ce n’est pas suffisant pour répondre à l’ampleur des besoins actuels. 

Par ailleurs, les chiffres dévoilés par ce dénombrement sont inquiétants, mais ils demeurent probablement en-deçà de la réalité. La précarité résidentielle touche un nombre encore plus grand de personnes que celles comptabilisées lors des dénombrements. L’itinérance cachée, la fragilité financière et l’instabilité du logement concernent aujourd’hui un nombre croissant de Québécoises et de Québécois. 

La situation est alarmante, et ce constat est partagé par l’ensemble des acteurs du milieu. Il est temps de passer d’une logique centrée sur la réponse à l’urgence à une réponse structurante et durable : développement de logements abordables, accompagnement global dans les différentes sphères de la vie, soutien à la réaffiliation sociale et accès à des parcours de réinsertion socioprofessionnelle. 

Ce sont ces solutions à long terme qui permettront réellement de freiner la progression de l’itinérance au Québec. 

 Crédit photo : Martin Tremblay, Archives La Presse

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