Depuis 1877, l’Accueil Bonneau joue un rôle essentiel auprès de la population itinérante de Montréal. L’Accueil tend la main et veut établir un lien de confiance privilégié avec chacune des personnes qui franchit son seuil.

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Dans le cadre de l'événement « Rêver Montréal », Mme Louise Harel et M. Aubin Boudreau ont présenté Marguerite D'Youville et l'Accueil Bonneau.

Notre histoire

L'histoire débute en mai 1877. Monsieur Joseph Vincent, batelier fortuné, se préocupe du fait que le quartier, maintenant connu comme le Vieux Montréal, compte beaucoup de personnes errantes, de vieillards esseulés et de robineux. Il rêve d’un refuge pour ces personnes. Il rencontre un sulpicien aumônier de la Société Saint-Vincent de Paul et le vicaire de la paroisse Notre-Dame, Monsieur René Rousseau, qui lui fait appel aux Sœurs Grises pour transformer une ancienne caserne militaire louée par Joseph Vincent en un refuge pour hommes et femmes. C'est avec seulement 75 $ par mois que les Soeurs Grises ont accueilli leur premiers bénéficiaires. Dès son ouverture, l’œuvre s’inscrit dans le respect du charisme de Sainte-Marguerite d’Youville, fondatrice des Sœurs Grises et de celui de Saint-Vincent-de-Paul. Inspirées de l’Évangile, les valeurs promues par l’œuvre sont des valeurs humanistes d’accueil, de compassion, de bienveillance, de respect, de dévouement et de don de soi envers les personnes les plus démunies.

Rue Bonneau

Rue Bonneau

Après plusieurs déménagement forcés, l'Hospice Saint-Charles devient l'Hospice Saint-Antoine, et les locaux s'étendent au fur et à mesure des besoins grandissants : hébergement, éducation, soupe et vestiaire .En 1904, l’œuvre s’installe sur le site actuel de la rue de la Commune, alors appelée rue Des Commissaires.

 

Soeur Rose de Lima Bonneau

Soeur Rose de Lima Bonneau

C’est en 1909 que sœur Rose de Lima Bonneau se retrouve au service des sans-abris. Ses initiatives et sa débrouillardise la rendront légendaire. On dit d’elle qu’elle faisait des miracles avec des moyens de fortune. Au plus fort de la crise économique à l’été de 1931, elle servit plus de 60 000 repas.  En plus de porter son tablier de servante des pauvres, elle réussira à faire sortir le Vestiaire de l'ombre. Son dévouement attirera de célèbres visiteurs du clergé et l'éventail des bienfaiteurs et d'offrandes ne cessera de s'élargir au fil des années. Elle meurt en 1934. Son nom restera bien vivant. Les itinérants continuent de dire : «Je m’en vais chez la Sœur Bonneau» d’où le nom «Accueil Bonneau».

Vestiaire

Vestiaire

Soeur Eugénie Bernier

Soeur Eugénie Bernier

Au temps de Soeur Bonneau, les cultivateurs et maraîchers laissaient au passage une partie de leur récolte. La cueillette commença avec Soeur Eugénie Bernier. «Pour ses courses, Sœur Bernier conduisait une voiture derrière laquelle elle accrochait une remorque. Un mercredi matin, à l’heure de pointe, la remorque pleine de pains s’est détachée de la voiture et s’est promenée librement quelques instants sur le pont Jacques-Cartier. Elle s’est donc arrêtée, mais pas question pour elle de rattraper seulement la remorque, elle voulut aussi récupérer tous les pains éparpillés sur la chaussé ! Devant le désarroi de la pauvre sœur, plusieurs automobilistes sont descendus de voiture pour l’aider plutôt que de s’impatienter», raconte Sœur Nicole Fournier, directrice générale de l’Accueil Bonneau de 1984 à 2009. 

 

 

En 1972, un Comité de Promotion humaine et sociale sera mis sur pied afin de valoriser l'épanouissement et le développement personnel des bénéficiaires en plus de fournir un service d'orientation et de réhabilitation plus adéquat.   

Pionnière dans la lutte à l’itinérance, Sœur Monique Picard a contribué à la mise sur pied de la Résidence du Vieux-Port. Elle a participé à la création du Réseau d’aide aux personnes seules et itinérantes de Montréal (RAPSIM) et été membre du conseil d’administration fondateur du Refuge des jeunes. Avec Sœur Marie Doucet, elle a développé le Service de fiducie et de promotion humaine et sociale de l’Accueil Bonneau. Femme de cœur, d’espoir, d’innovation et d’audace, Sœur Monique a transmis à la grande famille de l’Accueil Bonneau les valeurs d’accueil inconditionnel, de solidarité, de dignité et d’amour du plus démuni, et surtout « le respect du Mystère de chacun ».

Un évènement bouleversant marquera l'histoire de l'Accueil Bonneau le 9 juin 1998. Alors que les lieux étaient évacués à la suite d'une forte odeur de gaz, une partie du bâtiment vola en poussière. Deux bénévoles et une religieuse perdent la vie lorsque le mur de la façade, rue de la Commune, fut soufflé par une explosion dévastatrice. Grâce à de généreux donateurs, la reconstruction de l’édifice se fera rapidement. Dès le mois d’octobre 1998, la grande famille de l’Accueil Bonneau prendra place dans ses nouveaux locaux.

Jusqu’à tout récemment, les Sœurs Grises ont toujours assuré la direction de l'Accueil Bonneau à titre bénévole, en tout, quelque 253 religieuses de la Congrégation y ont oeuvré ou y oeuvrent encore. Depuis 2009, la direction est exercée par un laïc, mais l'héritage et les valeurs laissés par les Sœurs Grises sont toujours aussi présents dans l'organisation. Dans un contexte de professionnalisation et de laïcisation, l'Accueil Bonneau continue de promouvoir et de véhiculer les valeurs humanistes initiales d’origines chrétiennes.

Encore aujourd’hui et depuis sa fondation, l’Accueil Bonneau repose sur un pilier essentiel à la réalisation de sa mission : ses bénévoles. Soulignons aujourd’hui l’implication bénévole de plus de 300 personnes par année qui soutiennent l’œuvre de l’Accueil Bonneau et offrent réconfort et chaleur à ceux qui en ont besoin. Nous sommes également reconnaissants aux entreprises et individus qui donnent si généreusement à l’Accueil Bonneau pour nous permettre d’accomplir notre mission.

 

Écrivez-nous et venez admirer le résultat du dur labeur de toutes ces personnes qui se sont données corps et âme depuis 140 ans !


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EN HOMMAGE À SR MONIQUE PICARD...

La grande famille de Bonneau vous portera toujours dans son coeur!

Hommage à Sr Monique Picard, par Aubin Boudreau, lors de la remise du prix Monique-Picard, s.g.m.

Faut-il les aider? Texte par Sr Monique Picard, s.g.m., pour l'Accueil Bonneauqu'elle voulait laisser en héritage.