Quand une jeune femme décide d’aller au bout de ses rêves

Il vous est sûrement déjà arrivé de croiser sur le trottoir une personne qui vous demandait de l’argent. Probablement l’avez-vous ignorée en baissant le regard, attristé. Vous lui avez peut-être dit : «Je n’ai rien, désolé!». Cette phrase est presque programmée d’avance.  Et pourtant, au fond de votre poche, vous aviez une poignée de change. 

Ça nous arrive tous, c’est comme ça. Mais à la longue, ça vient vous chercher, car vous êtes une personne plutôt généreuse et vous n’aimez pas voir des gens dans la misère. Vous vous demandez sans doute ce que vous pouvez faire de plus, à part donner quelques sous. 

Voici l’histoire d’une belle initiative

Elle met en scène une jeune femme du nom de Joanna Kanga. Joanna est étudiante et travaille au centre-ville de Montréal. Tous les jours, elle voit ces hommes et ces femmes qui vivent dans la rue. Elle aussi, ça lui arrive de dire :«Je n’ai rien!», en détournant son regard. Chaque fois, ça lui renvoie notre échec, en tant que société, à être solidaire les uns envers les autres.

«Peut-être parce que ces gens me rappellent ce que cette même société, qui m’a tant donné, m’aurait réservé si je n’avais pas eu les opportunités. Si je n’avais pas pu compter sur  le soutien de mes amies et de ma famille, vers qui je me suis tournée quand ça n’allait pas. Le pays qui m’a offert une place lorsque j’en ai demandé une», dit-elle avec beaucoup d’émotions. 

À l’occasion de son anniversaire le 7 novembre dernier

L’idée lui est venue d’inviter sa famille, ses ami(e)s, ses collègues de travail et ses camarades de classe à contribuer à une cagnotte. Avec une amie, elles ont réussi à amasser une somme de 380$. 

Elles purent ainsi acheter des accessoires d’hiver, des produits hygiéniques, des aliments non périssables et de la nourriture pour chien. Elles ont priorisé des articles de seconde main comme des thermos, des tuques, des couvertures et des sacs à dos. Des articles hygiéniques comme des brosses à dents, des dentifrices, des peignes, des savons, des chaussettes épaisses et des serviettes hygiéniques. Aussi, des tablettes chauffantes pour les mains et les pieds ont été offertes. Finalement, une liste de refuges et des numéros de téléphone d’urgence a été insérée dans chaque sac, pour un total de 27 paquets. 

La distribution fut des plus enrichissantes

Elles sont parties distribuer les sacs principalement au métro Atwater, sur la rue Sainte-Catherine et à Berri-UQAM. Pour elles, le plus beau était de voir les réactions des gens et d’échanger avec eux. Les histoires étaient souvent très dures. Des histoires d’agressions sexuelles et d’autres événements traumatisants. Elles purent, par exemple, mieux comprendre les dangers d’être une femme dans la rue. Mais ce qui est ressorti de leur action, c’est la solidarité entre les individus dont elles furent témoins, la protection mutuelle et l’entraide qui redonnent de l’espoir. 

Des rêves pour une société plus lumineuse

«Un de mes projets serait d’ouvrir une académie où les personnes en situation d’itinérance pourraient être prises en charge, nourries, mentorées et suivies au cours d’un programme en vue de leur redonner leur dignité et l’autonomie pour atteindre leur plein potentiel en tant qu’être humain. Afin qu’elles aussi puissent contribuer à notre société et y faire rayonner leur part de lumière» expliqua-t-elle. 

Le programme serait axé sur l’éducation, le développement personnel, la santé physique et mentale et la gestion des finances personnelles. Il aiderait à la réinsertion des participants sur le marché du travail, jusqu’à la signature de leur contrat d’habitation dans un nouvel appartement. 

«Je suis consciente qu’il s’agit d’un projet ambitieux, mais nos problèmes de société ne requièrent rien de moins et je compte bien faire naître ce projet un jour»

Voilà un magnifique projet qui non seulement nous inspirera grandement, mais qui permettra en plus d’améliorer notre société.

«Mon geste d’aujourd’hui m’a permis de me rappeler que ces personnes existent et méritent notre considération, car la seule différence entre elles et moi, c’est une opportunité!».